Retour sur une interview des Daft Punk publiée sur Télérama.fr. Interview riche en informations et anecdotes, que je vous recommande bien évidemment !
Avec un passage assez intéressant sur les samples, isolé un peu plus bas :

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On entend un peu partout cette belle histoire : au début de votre carrière, vous auriez samplé le guitariste de Chic, Nile Rodgers, que vous invitez aujourd’hui à jouer sur votre album. L’avez-vous effectivement samplé ?
T.B. : Non, jamais. Mais il nous inspire depuis longtemps. Il nous a même inspiré avant qu’on ne s’en rende compte ! Aujourd’hui, quand j’écoute notre titre Around The World, paru sur notre premier album, Homework, je me dis qu’on peut le relier à certains morceaux de Chic. Nile Rodgers est un des rares guitaristes à avoir inventé un son, la fameuse « cocotte » funk, depuis reprise et imitée par de nombreux musiciens. Sur nos disques précédents, nous avons souvent samplé d’autres artistes. Ce n’était pas une démarche systématique, puisque que nous jouions aussi nos propres parties musicales en sus d’échantillonner des sons piochés dans des vieux vinyles de funk, de disco ou de rock…

Au moment d’enregistrer Random Access Memories nous nous sommes posé la question : qu’est-ce qui nous plaisait tellement dans ces samples ? Des moments de vie extrêmement courts, de quelques secondes, mais pourtant incroyablement riches en émotions, recelant tant d’histoires humaines, porteurs d’une si grande mémoire. Il nous a semblé évident d’aller à la rencontre de tous ces musiciens, de ces ingénieurs du son, qui avaient contribué à écrire l’histoire de la pop dans les années 70 et 80. Les rencontrer, c’était aussi bien sûr découvrir leur matériel et leurs studios d’enregistrement…

Vous n’avez donc eu recours à aucun sample ?
T.B. : Il y en a deux sur la dernière chanson de l’album : un enregistrement de la Nasa et une boucle empruntée à un groupe de rock, Germs*. Autrement, tout est joué : guitares, batteries, basses, synthés… Pour les bruitages, nous avons travaillé avec des spécialistes du cinéma, des studios Warner. On s’est par exemple amusé à enregistrer une vingtaine de personnes dînant dans un restaurant, en plaçant un micro devant chaque fourchette…

G.-M. de H.C. : Lorsqu’on a recours à un interprète, il y a un niveau de jeu, de nuances, qui est infini par rapport à de la musique programmée. Ça marche pour la fourchette comme pour la guitare !

NB : Il s’agit du groupe The Sherbs et non pas « Germs »…

L’interview en intégralité est disponible ici.